QUESTION :

Je vous écris pour un problème concernant la prothèse adjointe.  en cas d’allergie à la résine, que peut-on faire pour réaliser une PAT. y a-t-il des produits moins nocifs ?
Dr. L. H (El jadida)

 

RÉPONSE :

Les Matériaux utilisés pour la réalisation des PAT ne sont pas considérés à priori comme potentiellement antigéniques et donc allergisants (Brunel, Castagnola, Burdairon).

 

Cependant, quelques composants peuvent provoquer des réactions d’hypersensibilité retardée chez certains patients.
Le mécanisme de ces réactions eczématiformes pour l’essentiel (hypersensibilité de type IV) est immunologique, faisant intervenir des éléments antigéniques entrant dans la composition des résines utilisées en PAT (Leynadier) :


- Le liquide monomère (méthylméthacrylate) est pour l’essentiel responsable des irritations tissulaires observées,
- La poudre polymère n’est quasiment pas allergisante en soi, mais certains composants qui lui sont associés dans la formulation de base peuvent l’être,

 

C’est le cas des dérivés benzoïques, des conservateurs, des activateurs et inhibiteurs de la réaction de polymérisation.
Les réactions tissulaires, dominées par les glosso-stomatitess, résultent soit d’une irritation par contact direct, soit d’une réaction "allergique" faisant suite à une première sensibilisation.


Le diagnostic de "l’allergie" aux matériaux prothétiques, entre autres, ne peut être évoqué que sous certaines conditions :
- La lésion doit être en regard du matériau,
- La lésion survient quelques jours après la mise en place,
- Un patch-test positif,
- La lésion disparaît avec la dépose de la prothèse.

 

Conduite à tenir :
Cas des résines thermoplymérisables habituellement utilisées en PAT
- S’assurer de la polymérisation complète de la résine : En effet, les cycles courts de cuisson ne permettent pas la participation de la totalité des unités de métylméthacrylate à la réaction de polymérisation. Ces monomères résiduels peuvent générer des manifestations d’hypersensibilité des tissus buccaux.

 

Des cycles de cuisson longs seront alors privilégiés.
- L’état de surface des bases prothétiques ne doit pas favoriser la prolifération de micro-organismes. En effet, ces manifestations semblent plutôt dues à un manque d’hygiène du patient associé à des causes mécaniques (prothèses mal ajustées ou mal équilibrées donc irritantes) voire à une allergie au candida albicans. Certains auteurs évoquent même la participation d’un facteur dépressif.
Dans ce cas, il est conseillé de :
* Procéder au nettoyage de la prothèse par des antiseptiques  (Chlorhexidine 0.1-1.2%) ou salicylate de sodium 1%) éventuellement associés à des antifongiques (Fungisone ou mycostatine).
*  Procéder à un traitement local à l’aide de pommade ou gel des tissus buccaux affectés (Dactarin® 0.2%) voire même à un traitement général (Triflucan® 25 mg 1x/j x 10j), principalement chez des patients ayant subis une radiothérapie ou une chimiothérapie.
- Cas des résines chémoplymérisables :
Les manifestations sont analogues et ne semblent pas disparaître avec l’utilisation des liners - brightners photoactivables préconisés.
- Cas des résines thérapeutiques à polymérisation retardée
Ce type de résine ne doit pas être utilisé pour des durées de traitement excédant 3 mois et doit être renouvelé de manière bihebdomadaire pour raison d’hygiène (prolifération de candida albicans).
- Si malgré tout, ces problèmes persistent, l’éventualité d’une plaque base métallique (Or, Titane) peut être envisagée. Toutefois, cette solution n’exclue pas la totalité de la résine, nécessaire pour le montage des dents.
Enfin, si l’allergie est avérée, la solution implantaire doit être indiquée, puisque toutes les résines utilisées en PAT dérivent du Méthylméthacrylate.


Pr. B. AAZZAB

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