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Pr. M. Berkane
La formation continue en Algérie
Pr. Mohamed Berkane
Enseignant hospitalo-universitaire au département de chirurgie dentaire de la faculté de médecine d’Alger depuis 1978.
Spécialité : Pathologie et chirurgie buccale.
Licence d’enseignement es-sciences de la vie
DEA d’histologie-embryologie.
Président du Conseil Ordinal des chirurgiens-dentistes d’Alger : 1998-2002 et depuis oct 2008
Ancien Secrétaire Général de la Société Algérienne de Pathologie et chirurgie Buccale
Attestations d’implantologie orale.
 
Le Courrier du Dentiste : Comment va la formation continue des médecins dentistes en Algérie ?
Pr. Mohamed Berkane : La formation continue des chirurgiens-dentistes en Algérie est encore embryonnaire. L'enseignement étant assuré exclusivement par l'état, il n'y a aucune structure réglementaire susceptible d'assurer cette formation continue. De ce fait, le chirurgien-dentiste quel que soit son niveau, une fois sorti du cursus est livré à lui-même. On se retrouve avec des chirurgiens-dentistes qui ont terminé leurs études depuis des décennies sans jamais participer à un séminaire de formation continue.
Les pouvoirs publics n’ont jamais accordé d’importance à cet enseignement. Le vide est occupé par les quelques sociétés savantes qui organisent annuellement une manifestation, ce qui est loin de répondre à la nécessité vitale de cette formation. Le problème est d’autant plus grave que cet enseignement n’étant pas obligatoire, beaucoup de confrères n’en voient pas la nécessité.

LCDD : Avez-vous des projets pour instaurer la Formation Continue Obligatoire ?
Pr. M. B. : Ayant repris en charge le Conseil de l’Ordre des chirurgiens-dentistes d’Alger récemment, nous nous attachons à sensibiliser les secteurs sanitaires sur la nécessité de cette formation d’autant plus que ces structures disposent dans leur budget d’un registre « formation continue ». Nous avons ainsi fait des journées avec certains secteurs sanitaires, d’autres suivent ; nous espérons une généralisation de cette pratique. En ce qui concerne les praticiens du secteur privé, nous n’avons aucun moyen de leur imposer cette formation. Nous allons proposer au ministère de la santé publique la prise en charge de cette formation, à charge pour lui d’en faire une obligation pour tous. 
 
LCDD : Selon vous, quels seraient les outils pour réussir la FCO ?
Pr. M. B. : Les formateurs et les moyens. Les premiers existent et ont confirmé leur compétence dans la formation universitaire, ils ne demandent qu’à travailler pour peu que les pouvoirs publics assument leur rôle. Ce rôle consiste à reconnaître aux sociétés savantes leur savoir faire et prendre en compte les certificats et autres attestations qu’ils délivrent pour déterminer la compétence de chaque praticien. Ils doivent aussi s’impliquer par une aide logistique conséquente et surtout en faire une obligation, évaluée annuellement, pour tout praticien. 

LCDD :  Le mot de la fin ?
Pr. M. B. : L’espoir est grand ; la nécessité de la formation continue est reconnue par tous les formateurs Les modalités de son instauration dépendent des pouvoirs publics, il faut se battre pour les amener à nous soutenir dans cette ô combien noble tache. Unissons nos efforts, le résultat en vaut la peine.
 
La formation continue au Québec
Dr. D. LegaultDr. Diane Legault
Elue en 2006 Présidence de l’ordre des dentistes du Québec,
Première femme à être élue à la tête de l’Ordre des dentistes du Québec,
Titulaire d’un doctorat en médecine dentaire de l’Université de Montréal,
Maîtrise en administration des affaires de l’Université de Sherbrooke,
Exercice pratique privée à Knowlton, dans les Cantons-de-l’Est, de 1979 à 1995.



Le Courrier du Dentiste : Quel est l'historique de la Formation Continue « Obligatoire » au Canada (Québec)?
Dr. Diane Legault : Nous l’appelons chez nous la politique sur la Formation Dentaire Continue (FDC). Elle a été instaurée depuis 2002 par l’Ordre des dentistes du Québec en vertu de son mandat de protection du public et conformément à l’obligation déontologique des dentistes d’actualiser leurs connaissances théoriques et cliniques. Nous avons ainsi mis en place cette  Politique sur la FDC à l’intention de nos membres afin de contribuer à la qualité des soins dentaires dispensés à la population.

Depuis janvier 2009, cette politique sur la FDC a été améliorée, le dentiste est devenu entièrement responsable de la comptabilisation de ses unités (autrefois appelées crédits) de FDC et devra en faire la déclaration à même l’avis de cotisation. Les renseignements que le dentiste fournira à l’Ordre dans l’avis de cotisation seront versés à son dossier d’inspection professionnelle. Sauf pour les activités dont les présences seront enregistrées à l’aide de lecteurs numériques fournis par l’Ordre, le dentiste devra conserver le détail de ses activités de FDC, soit une attestation de présence (indiquant le nom de l’organisme, le nom du conférencier ainsi que le titre, la date et la durée de l’activité) ainsi qu’une description de l’activité (dépliant, brochure, page Web, etc.).
 
Les organismes de formation qui n’enregistreront pas les présences à l’aide de lecteurs numériques fournis par l’Ordre seront responsables de remettre au dentiste une attestation de présence ainsi qu’une description de l’activité. Ces organismes n’auront plus à soumettre à l’Ordre le synopsis de l’activité de formation avant sa tenue, puisqu’ils fixeront eux-mêmes le nombre d’heures allouées à chaque activité.

LCDD : Quelles sont les retombées de la Formation continue Obligatoire sur le profil du chirurgien dentiste et sur la qualité des soins bucco-dentaires dispensés ?
Dr. D. L. : La formation dentaire continue permet de renforcer le sentiment d’appartenance à la profession et aux alma mater, en plus de favoriser l’enrichissement et le partage des connaissances. Il s’agit également d’un moyen formidable de contribuer au maintien de la qualité des soins bucco-dentaires offerts à la population.
Il faut dire que nous n’avons pas une mesure précise de l’impact de cette politique sur la qualité des soins, néanmoins nous constatons que le nombre de réclamations des patients diminue d’année en année et que les connaissances de la majorité de nos dentistes sont périodiquement mises à jour.

LCDD: Quelles sont les conseils que vous pouvez donner pour réussir l'instauration d’une politique sur la formation dentaire continue ?
Dr. D. L. : A notre avis, il serait plus sage de tirer des enseignements à travers l’expérience des autres, puis adapter cette mesure au contexte et à la réalité sur le terrain. La Suisse, la France, le Québec et bien d’autres pays ont instauré des politiques de formation continue sensiblement différents, mais qui ont donné leurs preuves.
A cet effet, nous vous proposons de consulter le livret que nous avons publié et qui répond à toutes les questions relatives à notre politique de formation dentaire continue, il est disponible sur notre site Ordre des dentistes du Québec.

LCDD : le mot de la fin ?
Dr. D. L. : Pour l’Ordre des dentistes du Québec, la formation dentaire continue est une responsabilité partagée par tous les membres et bien ancrée dans notre culture professionnelle. Il nous faut continuer d’alimenter ce goût d’apprendre dans le meilleur intérêt de la population que nous desservons.
 
Propos recueillis par Redouane MOUDEN
 
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