Le ratio du nombre de chirurgiens dentistes par rapport à la population générale est très faible au Sénégal. Il est d’un chirurgien dentiste pour 32 500 habitants. Très loin des normes de l’OMS qui préconise un chirurgien dentiste pour mille habitants.

Le Sénégal est encore loin des normes préconisées par l’Organisation mondiale de la santé en matière de prise en charge de la santé bucco-dentaire. En effet, le ratio d’un chirurgien pour une population de 32 500 habitants reste « trop faible » par rapport aux standards de l’OMS fixés à un chirurgien dentiste pour mille habitants. Face à cette situation, le président de l’Ordre National des chirurgiens dentistes du Sénégal est monté au créneau, en invitant les acteurs de la santé bucco-dentaire à résorber ce gap. "Nous avons du chemin à parcourir. Même si nous ne sommes pas les plus mal lotis au niveau de la sous-région, nous devrions avoir ce gap en repérage.
 
Le reste est une question de politique de santé", explique le Docteur Mamadou Barry qui s’exprimait hier lors de la première édition des Journées portes ouvertes sur l’Odontologie Sénégalaise. Relevant que l’exercice du métier de chirurgien dentiste est une profession qui relève d’un Ordre créé en 1981, le Dr Barry invite les autorités sanitaires à intégrer cet aspect lié au déficit de chirurgiens dentistes dans les programmes national de santé.

Les caries dentaires constituent un véritable problème de santé publique au Sénégal où 60 à 80 % de la population souffrent de cette pathologie. Si dans les pays développés, les maladies bucco-dentaires, en particulier les caries, ont connu une nette baisse, par contre, cette pathologie gagne du terrain dans les pays en voie de développement.

‘Réhabilitation de l’édentement dentaire’, telle est de la formation continue organisée hier par l’Association nationale des chirurgiens dentistes du Sénégal à l’occasion des Journées portes ouvertes sur l’odontologie sénégalaise. En effet, la formation continue constitue une véritable préoccupation pour les professionnels en santé bucco-dentaire, exerçant dans le privé et dans le public. "Vu l’avancée fulgurante des connaissances en médecine, l’émergence des nouvelles maladies et techniques de traitement, le praticien, aussi bien dans les structures du public que du privé, est obligé, pour ne pas être en rade, de se former de manière permanente", explique le chef du Département d’odontologie de la Faculté de médecine de l’Ucad, le Professeur Boubacar Diallo.

Malheureusement, poursuit-il, cette formation n’est pas bien structurée au niveau du département. Face à cette situation, le spécialiste estime qu’il aurait été souhaitable, de temps en temps, selon les spécialités, pour les enseignants de l’université "que nous puissions venir en apport aux collègues du privé et du public en ce qui concerne les dernières innovations, les dernières techniques, les derniers protocoles thérapeutiques relatifs à telle ou telle autre pathologie. C’est ça la formation continue", dit-il.

Mais le problème est que cette formation continue ne peut se faire au niveau de l’université dont la vocation première est de former, de faire de la recherche, mais également de soigner les malades. Ainsi, il appartient aux professionnels exerçant dans le métier de chirurgien dentiste de décliner leurs préoccupations en dehors des journées scientifiques du département d’odontologie et autres auxquels ils participent.

En organisant ces assises, l’Association nationale des chirurgiens dentistes du Sénégal (Ancds) compte sensibiliser les populations sur les conséquences des maladies bucco-dentaires mais aussi de faire bénéficier aux populations des séances gratuites de dépistage et de traitement d’urgence. Listant les maux dont souffre la profession, les spécialistes de la santé bucco-dentaire ont insisté sur le manque de statut juridique.

Ces Journées portes ouvertes ont été aussi marquées par une séance de consultation gratuite organisée avant-hier dans la banlieue de Dakar, au Complexe Léopold Sédar Senghor de Pikine. ‘Sur les deux cent cinquante personnes consultées, cent quatorze ont été gratuitement traitées. Elles présentaient pour la plupart des caries dentaires et des paradontaux’, note le Dr Mamadou Moustapha Wone, membre du comité d’organisation.


Issa NIANG
www.walf.sn

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