COMMUNIQUÉ DE PRESSE

(ORDRE NATIONAL DES CHIRURGIENS DENTISTES DE FRANCE)

En surfant sur la mode des soins à bas prix en Hongrie, un escroc français a abusé d’une patiente et porté atteinte à l’honneur de notre profession, laquelle est unanime sur la question du tourisme dentaire et des problèmes qu’elle engendre.

Le problème de la responsabilité du praticien vis-à-vis de son patient reste entier et celui du suivi des soins, au retour de la séquence de soins, est également posé. Mais voilà un récit qui méritait d’être mis en ligne sur le site Internet de l’Ordre des chirurgiens-dentistes afin de dénoncer l’illusion dangereuse du tourisme dentaire à bas prix et les pratiques de certains praticiens crapuleux qui abusent des patients et entachent notre réputation. Ce récit, nous le tenons d’une patiente à propos de son aventure en Hongrie. Qu’écrit Mme X ? Qu’à la suite d’un accident de la circulation, elle portait « une gouttière occlusale depuis une dizaine d’années ». Les soins, explique-t-elle, étant très onéreux en France, il lui en était impossible d’en assumer les frais. En novembre 2006, écrit-elle, elle voit un reportage à la télévision « pour les soins dentaires pratiqués en Hongrie à moindre coût et pour la même qualité de soins qu’en France ».

Elle entame des recherches et finit par entrer en contact avec une association. Elle explique : « La possibilité d’être suivie en France par un dentiste français m’a mise en confiance ». Elle contacte donc cette association par mail et reçoit un coup de téléphone d’une personne qui lui indique qu’un praticien va entrer en contact avec elle. Le praticien l’appelle effectivement et lui demande de lui envoyer un cliché panoramique. Monter un plan de traitement à distance, s’agissant qui plus est de notre pratique, voilà qui n’interpelle pas notre patiente, que l’idée de se fait soigner à moindre frais semble quelque peu obscurcir le jugement.

Le praticien la rappelle et s’ensuit une discussion, au téléphone, sur les traitements possibles : « il me précise qu’il faut tout démonter, tout tailler, tout refaire, qu’il y a beaucoup de travail à faire et que je dois rester 10 jours sur place ». Notre praticien lui annonce un devis de 6 500 euros. Par ses propres moyens (l’association ne répond plus à ses mails, encore moins à ses coups de téléphone) elle se rend donc en Hongrie, à Budapest.

Très vite, Mme X sent que le travail est bâclé. Les consultations sont expédiées et les « soins » prodigués ne sont pas conformes à ce qu’elle serait en droit d’attendre. Il ne s’agit bien sûr que d’une intuition, mais elle va se confirmer : « au niveau esthétique, je n’avais rien à redire », mais ses problèmes occlusaux restent rigoureusement les mêmes. La patiente repart avec des explications très sommaires sur le résultat de son « traitement », le « praticien » lui promettant de la revoir en France. « J’ai réglé le solde, écrit la patiente, au total j’ai payé 6 500 euros en espèce (les chèques étant plus longs à encaisser en Hongrie, d’après le praticien) comme l’indiquait le devis pour 24 céramique ».

La suite ne surprend pas : « Dix jours après être rentée, j’ai eu deux petites plaies au niveaux des gencives au dessus des canines, écrit Mme X ». Elle poursuit : « j’ai ressenti une douleur vive dès que je mangeais sucré ou froid. Comme j’avais énormément souffert toutes les nuits pendant ces dix jours du côté droit, j’ai pensé que c’étaient les molaires non dévitalisées qui étaient sensibles. Puis une mauvaise haleine est apparue ».

Elle cherche alors à joindre le « docteur », qui lui répond après plusieurs tentatives. Mme X écrit : « Concernant la mauvaise haleine, il m’a dit que ça arrivait, que lui aussi avait un bridge et que parfois des restes de nourriture sont coincés quelque part. Pour la douleur à droite, ce n’est rien, c’est normal. Pour le claquement des dents, il faudrait que je retourne en Hongrie pour une gouttière. Ce n’est pas nécessaire que je consulte. » Mme X finit par consulter un vrai chirurgien-dentiste qui l’informe de l’état exact de sa bouche, on s’en doute catastrophique. Pour la petite histoire, l’escroc n’a finalement ni eu affaire à la justice pénale, civile et ordinale puisqu’il est décédé, en Hongrie.

Source : www.ordre-chirurgiens-dentistes.fr

indexation index medicus
Publier un article
Novembre 2018
L Ma Me J V S D
29 30 31 1 2 3 4
5 6 7 8 9 10 11
12 13 14 15 16 17 18
19 20 21 22 23 24 25
26 27 28 29 30 1 2
Aller au haut