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M. BOUZOUBAA*, I. ETTALIBI**, I. BEN YAHYA*
* Département de médecine orale et chirurgie orale
Faculté de médecine dentaire de Casablanca - Maroc
Université Hassan II
** Médecin dentiste du secteur privé

 

RÉSUMÉ

● La précision dans la chirurgie implantaire guidée est définie comme la correspondance entre la position prévue de l'implant dans le logiciel et la position réelle de l'implant dans la bouche du patient. Une angulation et un positionnement corrects des implants dentaires sont essentiels pour obtenir des résultats prothétiques acceptables sur le plan esthétique et fonctionnel, et pour éviter un risque accru de complications anatomiques telles que la perforation du palais ou du canal alvéolaire inférieur.

 

● Plusieurs méthodes sont utilisées pour l’étude de précision en implantologie, notamment la méthode directe par superposition des tomographies CT pré et post-opératoires, ou la méthode indirecte par superposition des modèles pré et post-opératoires. Cependant, chacune de ces méthodes présente des inconvénients qui limitent leur utilisation dans l'étude précision en implantologie.


● La photogrammétrie est une technique émergente qui permet de localiser la position 3D précise des implants. Cette technique est une alternative fiable pour analyser une divergence dimensionnelle entre les positions préopératoires et postopératoires des implants. La précision atteinte avec cet outil (de l'ordre du micromètre) peut être utilisée pour évaluer le manque de précision des implants posés à l'aide d'un système de chirurgie guidée par logiciel et pour réduire les erreurs ou les biais de mesure que l'on trouve couramment dans les autres systèmes de comparaison.


● Cet article a pour but d’étudier la précision de la technique photogrammétrique et de la comparer aux différentes techniques d’étude de précision en implantologie.

 

Mots clé : photogrammétrie, Stéréophotogrammetrie, implant dentaire, précision,

 

INTRODUCTION

Des techniques radiographiques tridimensionnelles (3D) sophistiquées, avec les outils d'analyse logiciels correspondants et les systèmes de conception et de fabrication assistées par ordinateur (CAO/FAO), ont récemment été introduites dans la dentisterie implantaire. Les cliniciens peuvent désormais reconstruire des modèles virtuels de structures anatomiques et utiliser des logiciels de planification d'implants en 3D pour créer des guides chirurgicaux précis et planifier des chirurgies implantaires sans lambeau, même dans des situations difficiles (1).

 

Dans la dentisterie implantaire CAD/CAM, une correspondance précise et exacte entre la position intra-orale réelle des implants dentaires et celle planifiée par le logiciel est essentielle (2).
Un manque de précision pendant la chirurgie guidée par ordinateur peut entraîner de graves complications, telles que des dommages aux structures anatomiques ou une déhiscence osseuse autour des implants et une mauvaise adaptation de la prothèse provisoire (3,4).

 

Plusieurs études ont cherché à déterminer la précision du placement des implants avec les systèmes guidés. La plupart des études ont comparé les positions pré-chirurgicales et post-chirurgicales des implants au moyen d'outils radiographiques 3D (5).
Cette méthode est toutefois loin d'être optimale en raison de problèmes spécifiques liés à la mesure qui sont typiques des systèmes radiographiques (6).
En outre, les systèmes radiographiques présentent d'autres limites intrinsèques, notamment des artefacts d'image et des distorsions géométriques, qui peuvent affecter la qualité des mesures (7).

 

En plus, chaque fois qu'une méthode radiographique est appliquée, des questions éthiques peuvent se poser, car les patients sont exposés aux radiations. Une seconde tomographie pour évaluer la position de l'implant peut rarement être justifiée comme une nécessité clinique.

Par conséquent, les mesures basées sur la tomodensitométrie ne semblent pas être l'outil idéal pour vérifier la position des implants dans la pratique dentaire (8).
L'imagerie tridimensionnelle est inappropriée pour identifier un décalage au niveau du micromètre, et une évaluation de la précision sur des moulages pourrait être préférable.

 

Parmi les systèmes disponibles pour effectuer des mesures sur les moulages, la photogrammétrie semble appropriée car elle permet de localiser précisément la tête de l'implant et l'inclinaison de son axe.

 

La photogrammétrie est considérée comme la science qui permet d'effectuer des mesures à partir de photographies. Ainsi, cette technique permet de déterminer les propriétés géométriques des objets et leur disposition spatiale et peut être obtenue à partir d'images photographiques bidimensionnelles (2D) ou tridimensionnelles (3D) via des informations métriques (Fig 1a, 1b). Ces images 3D révèlent le vecteur directionnel d'un point à un autre et sa distance exacte (Fig 2). La caractéristique la plus importante est la précision avec laquelle les objets sans contact sont mesurés (9).

 

 

Fig. 1. a: Mise en place des PICabutments. Des piliers spécialement codés en forme de drapeau noir sont vissés sur les implants pour obtenir des informations métriques sur la position de l'implant.
 
 
Fig. 1. b: PICcamera. Cette stéréocaméra identifie le PICabutment sur sa position 3D (9).
Fig. 2: Fichier STL formé avec des informations sur la position et l'angulation de l'implant (9).
 

 

 

LA PRÉCISION EN IMPLANTOLOGIE

L'exactitude peut être exprimée par la justesse et la précision. La justesse décrit la capacité à transférer les positions des implants intrabuccaux aussi près que possible de leur position réelle. Quant à la précision, elle décrit la déviation des positions des implants intrabuccaux d'une arcade dentaire enregistrées par un système lors de captures répétées avec les mêmes paramètres (10).

 

L’INTÉRÊT DE L’ÉTUDE DE PRÉCISION EN IMPLANTOLOGIE

La précision dans la chirurgie implantaire guidée est définie comme la correspondance entre la position prévue de l'implant dans le logiciel et la position réelle de l'implant dans la bouche du patient. Elle reflète l'accumulation de toutes les déviations depuis l'imagerie, en passant par la transformation des données en un guide chirurgical, jusqu'au positionnement incorrect de ce dernier pendant la chirurgie, le mouvement du guide pendant le forage, et l'erreur mécanique causée par la tolérance des instruments chirurgicaux. Toutes les erreurs, bien que se produisant rarement, peuvent être cumulées (11).

 

Une angulation et un positionnement corrects des implants dentaires sont essentiels pour obtenir des résultats prothétiques acceptables. Une mauvaise angulation et un mauvais positionnement de l'implant sont associés à un risque accru de complications, telles que la perforation du palais ou du canal alvéolaire inférieur. La prothèse peut également être compromise, entraînant la transmission de forces occlusales défavorables aux implants ou une mauvaise esthétique de la prothèse.

 

En outre, les préoccupations anatomiques, telles que l'impact de la distance inter-implantaire sur la hauteur de l'os crestal et le contour de la papille, dépendent d'une planification et d'un placement précis.
Il est donc essentiel de placer stratégiquement les implants, d’où l’intérêt de l’étude de précision en implantologie (12).

 

LES MOYENS D’ÉTUDE DE PRÉCISION EN IMPLANTOLOGIE (13) 

I. Technique directe (comparaison des tomographies (ct) pré- et post-opératoires) (13) :

Dans la technique directe, l'image CT est prise avant et après la chirurgie implantaire, afin de confirmer radiographiquement la position tridimensionnelle des implants. L'avantage de cette technique est qu'elle permet de confirmer la position de l'implant immédiatement après sa pose. Cependant, les artefacts créés par le matériau de l'implant (titane) peuvent entraîner une ambiguïté du contour radiographique de l'implant. Cette ambiguïté génère l'agrandissement global du contour de l'implant, ce qui entraîne une confirmation de la position précise uniquement par estimation. Les problèmes de précision et de netteté de l'image peuvent être améliorés par l'introduction de la nouvelle méthode de réduction des artefacts métalliques (MAR).

 

Superposition des tomographies (ct) pré et post-opératoires : analyse du remplacement de l'image (13) :

Pour comparer avec précision les images CT pré et postopératoires, il faut superposer les images en utilisant des points de référence identiques. L'utilisation de machines identiques et la superposition avec au moins trois points de référence fixes sont des conditions minimales pour une comparaison précise de CT. Dans les logiciels de superposition les plus automatiques, le recalage d'images multimodales est utilisé pour maximiser l'information mutuelle de deux images.

 

Chez les patients partiellement édentés, les structures dentaires, qui sont relativement faciles à identifier, sont utilisées comme points de référence. Trois dents différentes, généralement une antérieure et deux postérieures, sont choisies comme référence
Pour une superposition plus précise, des images CT pré et postopératoires peuvent être réalisées à l'aide d'indices radiographiques comportant trois marqueurs radio-opaques, qui peuvent ensuite être utilisés comme points de référence pour la superposition tridimensionnelle. Un tel équipement radiographique est le plus souvent utilisé pour les patients totalement édentés dont les structures anatomiques ne sont pas visibles sur les images CT.

 

Une fois les images CT superposées, les informations du scan sont utilisées pour créer des modèles tridimensionnels virtuels dont les positions relatives peuvent être comparées par une analyse de modélisation 3D ou une analyse de remplacement d'images CT.

 

L'analyse par remplacement d'image remplace l'image CT de l'implant par une image CT en coupe provenant de la bibliothèque d'implants d'origine (Fig 3).

 
Fig. 3: Une image de bibliothèque de l'implant est chargée sur le CT post-opératoire. Par cette analyse de remplacement d’image, la position de l'implant est déterminée (13).

 

 

 

Analyse de la modélisation 3D (13) :

L'analyse par modélisation tridimensionnelle construit un modèle virtuel à partir des données de CT et détermine la position à partir de la partie de l'implant extraite (Fig 4). Dans l'analyse de modélisation tridimensionnelle, la partie de l'implant de l'image de CT peut être facilement extraite, car son matériau constitutif a une densité plus élevée que l'os. Cependant, les artefacts artificiels de l'image empêchent l'extraction exacte du contour, et la résolution de l'image peut affecter davantage la précision. L'image ne peut pas être utilisée lorsque la clarté est altérée par les mouvements du patient. Par conséquent, le modèle 3D virtuel d'un implant planifié est le modèle original de la bibliothèque avec des contours clairs, mais le modèle d'un implant posé a des contours peu clairs, ce qui rend difficile la comparaison entre ces deux modèles.

 

 

Fig. 4 : Une partie de l'implant sur la topographie informatisée (CT) post-opératoire est séparée. L'analyse par modélisation 3D confirme la position réelle en reproduisant directement la forme de l'implant (13).

 

 

II. Technique indirecte (comparaison des modèles pré- et post-opératoires)  (13 :)

Une technique indirecte permet de déterminer la position de l'implant en prenant une empreinte ou en scannant à travers le transfert d'empreinte ou le corps de balayage relié à l'implant. La coiffe d'empreinte est utilisée pour prendre une empreinte analogique avec des matériaux en silicone, tandis que le corps de balayage est utilisé pour prendre une empreinte numérique avec un scanner intra-oral. Cette méthode utilise le même principe que la procédure d'empreinte finale pour la fabrication de la prothèse implantaire définitive. Par conséquent, le patient n'a pas besoin de prendre une radiographie CT supplémentaire après la pose de l'implant. Cependant, si le transfert d'empreinte ou le corps de balayage n'est pas correctement connecté à l'implant, il peut y avoir une erreur critique dans la position de l'implant.
Le transfert d'empreinte ou le corps de balayage peut être connecté immédiatement après la chirurgie implantaire ou au stade de l'empreinte finale, après la guérison complète du site chirurgical.

 

Superposition des modèles pré et post-opératoires : Analyse du modèle (13) :

Au stade de l’empreinte finale :

La procédure d'empreinte finale de l'implant est réalisée après l'ostéointégration. Elle permet de déterminer la position de l'implant dans le modèle. En général, le modèle final de l'implant est fabriqué avec l'analogue d'implant qui reproduit la structure interne de la fixation de l'implant (Fig 5). En connectant le corps de balayage à l'analogue d'implant et en balayant le modèle final, la position de l'implant placé peut être vérifiée numériquement. (Par superposition sur modèle initial qui est scanné également)
Il est également possible de déterminer la position de l'implant avec un micro-tomodensitomètre en utilisant une fixation réelle de l'implant au lieu de l'analogue de l'implant.

 

Fig. 5 : Superposition des modèles pré et post-opératoires (14).

 

 

Immédiatement après la mise en place de l’implant :

Si la stabilité initiale est atteinte pendant la mise en place de l'implant, le transfert d'empreinte peut être connectée immédiatement à l’implant, avec précaution, et également fixée fermement au guide chirurgical avec une résine acrylique ou une résine photopolymérisée.


Ensuite, le transfert d'empreinte fixé au guide doit être retiré de l'implant. De même, un implant de la même taille est relié au transfert d'empreinte. Ce complexe guide-transfert-implant peut prédire la position de l'implant réel (Fig 6). Il peut être placé sur le modèle préopératoire en plâtre avec la partie de l'implant retirée, et l'implant doit être fixé à nouveau par le plâtre. De cette façon, le modèle postopératoire est acquis et une analyse du moulage peut être effectuée par superposition avec modèle préopératoire.


S'il n'y a pas de modèle de plâtre préopératoire, ou si cette méthode est utilisée chez des patients totalement édentés, les radiographies CT supplémentaires peuvent être utilisées pour être superposées à un modèle CT préopératoire.

 

Fig. 6: La position de l'implant placé peut être déterminée immédiatement à l'aide d'un guide chirurgical (13).

 

 

Superposition des scans pré et post-opératoires : Analyse du scan (13) :

Au lieu de la prise d'empreinte, on peut utiliser un corps de balayage de l'implant pour déterminer la position réelle avec un scanner intra-oral. Dans ce cas, un modèle en plâtre est remplacé par un modèle numérique.
En connectant un corps de balayage à l'implant et en réalisant un balayage intra-oral, la position réelle de l'implant peut être indirectement confirmée en faisant correspondre le contour du corps de balayage et la connexion virtuelle de l'implant (Fig 7).

 

 

Fig. 7: Superposition des scans pré et postopératoires (13).

 

 

Tout d'abord, la position du corps de balayage doit correspondre parfaitement au fichier de la bibliothèque et aux données du scanner intra-oral. Cependant, comme cette procédure est effectuée manuellement, la position de l'implant peut être modifiée de manière significative, même avec une erreur minime. Une fois que l'emplacement du corps de balayage est déterminé, la position de l'implant peut être identifiée par une image de bibliothèque qui combine virtuellement l'implant et le corps de balayage.

 

LA PHOTOGRAMMÉTRIE POUR L’ÉTUDE DE PRÉCISION EN IMPLANTOLOGIE

Selon la méthode de Rivara, F. et coll (15) :

• La première étape de la comparaison de la divergence 3D entre 2 implants a été de définir les paramètres géométriques qui représentent leur emplacement 3D. Selon la littérature, la déviation linéaire au niveau de la tête de l'implant et la déviation angulaire entre les axes doivent être prises en compte (Fig 8).

 

• Deux modèles sont obtenus, 1 à partir du guide chirurgical et 1 à partir de la position réelle des implants sur la crête alvéolaire d'un patient (Fig 9).

 

• La photogrammétrie est ensuite appliquée pour localiser précisément la position de chaque implant sur les modèles. Comme cette technique mathématique nécessite l'identification des points d'image et des coordonnées spatiales relatives, 4 marques ont été percées sur la vis de l'implant. (Fig 10).


La position des implants est alors identifiée comme le centre géométrique des 4 marques, tandis que l'orientation de l'axe de l'implant est représentée par un vecteur normal au plan d'ajustement des points.

Une série de 16 images convergentes tout autour de l'objet a été réalisée à l'aide d'un appareil photo numérique à haute résolution.

 

• Les résultats obtenus à partir des mesures photogrammétriques ont fourni les données d'entrée nécessaires pour estimer la direction des têtes et des axes des implants.
En fin de compte, la position de la tête et la direction des axes devaient être comparées dans le même système de coordonnées. Un outil géométrique et mathématique a été utilisé pour superposer les coordonnées des 2 modèles dans le même système de référence.

• Enfin, un visualiseur graphique (Surfer 8 ;
Golden Software) a été utilisé pour obtenir une représentation visuelle de la superposition des 2 modèles (Fig11).

 

 

Fig. 8: Les déviations ou erreurs par rapport à la planification (15).
 
 
 
Fig. 9. Deux modèles différents utilisés pour la comparaison : le modèle du guide chirurgical et modèle d'impression peropératoire (15).
 
 
 
Fig. 10: Vis de cicatrisation modifié avec 4 marques percées (15).
Fig. 11: Représentation visuelle par Surfer8 de l'écart de position de l'implant. Les points verts et marrons représentent la déviation horizontale (mm), et les chiffres représentent les déviations angulaires (degrés) (15).

 

 

LES MÉTHODES D’ÉTUDE DE PRÉCISION EN IMPLANTOLOGIE (13)

• Superposition des positions de l'implant planifié et de l'implant placé (13) :

Pour évaluer l'erreur, les positions de l'implant planifié et de l'implant placé doivent être analysées dans le même espace. En d'autres termes, deux informations tridimensionnelles doivent être superposées sur un seul plan identique.
Les données du CT (informations anatomiques) et les données du scanner (informations prothétiques) doivent être fusionnées au stade de la planification de l'implant. Par conséquent, la position planifiée peut être décrite à l'aide d'une image CT ou d'une image scanner. Comme mentionné précédemment, la position réelle de l'implant placé peut être confirmée directement par le CT ou indirectement par l'empreinte. Par conséquent, le type de données de la position planifiée doit être décidé en fonction de la méthode de détermination de la position placée pour la comparaison.

 

Dans la figure 12, les informations sur la position planifiée ont été extraites de l'image CT, car la position réelle de l'implant a été confirmée par une superposition des tomographies (CT) pré et post-opératoires (analyse de remplacement d'image). Le point de référence et les données de fond pour la comparaison se trouvent tous dans le CT. Par conséquent, la précision de la superposition est déterminée par la résolution du CT, qui consiste en un fichier DICOM (Digital Imaging and communications in medicine).

 

De la même manière, comme la position réelle de l'implant dans la figure 13 a été confirmée par la superposition des scans pré et post-opératoires (méthode d'analyse du scan) en utilisant le principe de la prise d'empreinte, la position planifiée a été chargée par l'image scanner (Fig 13).

Le point de référence et les données de fond pour la comparaison se trouvent tous dans les données du scanner. Par conséquent, la précision de la superposition est déterminée par la résolution du scanner intra-oral, qui consiste en un fichier STL.

 

Cette dernière méthode peut être plus avantageuse pour la superposition, car les données de balayage à plage étroite qui ne couvrent que les dents ont des limites mieux définies que les données de tomodensitométrie couvrant une plage relativement large. Cependant, cette méthode entraîne la confirmation indirecte de la position de l'implant par la prise d'empreinte, ce qui crée une possibilité supplémentaire d'erreurs.

 

Fig. 12: Mesure du déplacement par technique directe. La position prévue et la position placée sont superposées (13).
 
 
 
Fig. 13: Mesure du déplacement par technique indirecte. La position planifiée (violet) et la position placée (rouge) sont superposées (13).

 

 

• Quantification des erreurs (13) :

Si les positions planifiées et réelles sont superposées en utilisant la méthode directe ou indirecte, la quantité d'erreur peut être analysée en mesurant le déplacement. Afin de spécifier le déplacement, un paramètre standard est nécessaire pour calculer/quantifier la position de l'implant.
Les paramètres suivants sont utilisés pour la mesure du déplacement en général (Fig 14) :
1- déviations linéaires au niveau de la plate-forme de l'implant,
2- déviations linéaires au niveau de l'apex de l'implant,

3- déviation angulaire,

4- déviation verticale en hauteur ou en profondeur.
 
 
Fig. 14: Ces paramètres sont utilisés pour la mesure du déplacement en général (13).

 

 

Les paramètres peuvent être rapportés en tant que distance ou en tant que deux vecteurs individuels (avec une distance horizontale et une distance verticale).

 

Comme les implants sont grossièrement colonnaires, chaque axe central peut servir de référence. Dans un espace tridimensionnel, les relations de deux axes sont parallèles ou tordues l'une par rapport à l'autre, ou combinées pour se rencontrer en un point. À l'exception de certains cas spécifiques, tels que le parallélisme ou la torsion, deux axes dans un espace se rencontrent en un point, pour être amenés dans un plan. Deux axes dans le même plan peuvent chacun être définis comme la pente de la ligne, et le segment de ligne est composé du point d'entrée et du point de sortie.


Par conséquent, la relation entre deux implants peut être exprimée par l'angle d'intersection et la distance entre chaque point d’entrée et de sortie.

 

COMPARAISON ENTRE LA PHOTOGRAMMÉTRIE ET LA TECHNIQUE D’EMPREINTE CONVENTIONNELLE

Les résultats des études de tohme et coll (16) et Junping et coll (17) ont indiqué que la technique photogrammétrique présente une grande amélioration de la précision par rapport à la technique conventionnelle avec une plus faible distorsion angulaire et 3D. (une Précision de 5,6 μm pour la technique photogrammétrique contre 17,2 μm pour la technique d’empreinte conventionnelle).

 

En effet, cette amélioration de précision peut être expliquée par le fait que les procédures conventionnelles de prise d'empreinte et la fabrication des maître-modèles impliquent de nombreuses étapes manuelles qui peuvent compromettre la précision finale du maître-modèle.
Ainsi, de nombreux facteurs cliniques affectent la précision des empreintes conventionnelles, tels que le type de porte-empreinte (par exemple, standard ou personnalisé, en métal ou en plastique jetable), la technique d'empreinte (en une ou deux étapes), le matériau d'empreinte utilisé et ses caractéristiques hydrophobes ou hydrophiles et les méthodes de mélange et la désinfection de l’empreinte.


Tandis que la technique photogrammétrique implique moins d'étapes et les mesures sont réalisées automatiquement par un logiciel, ce qui permet d’améliorer le flux de travail conventionnel et augmenter la précision et la simplicité de la technique (18).

 

Néanmoins, les résultats des études de Revilla-León et coll (19) et Rubenstein et coll (10) ont démontré que la technique conventionnelle présente la plus faible divergence 3D et la plus faible déviation linéaire, étant plus précise que la technique photogrammétrique qui présente des divergences linéaires importantes sur tous les axes ainsi que des divergences angulaires sur les angles XZ et YZ. (La précision de la technique conventionnelle était de 6,81 μm contre une précision de 25,41 μm de la technique photogrammétrique).

 

Compte tenu de la conception in vitro de ces études, la signification clinique des différences rapportées entre la technique conventionnelle et la technique photogrammétrique est difficile à évaluer (10).

 

En outre, Ces études présentent d'autres limites, notamment le fait que la contraction thermique du matériau d'empreinte n'a pas été modélisée dans la technique conventionnelle. Cela n'a pas représenté la rétraction volumétrique du matériau d'empreinte rencontré en clinique, et, par conséquent, une empreinte plus précise a été produite (10).

 

Les comparaisons directes entre les différentes études sont difficiles en raison des variations dans la conception des corps de balayage photogrammétriques, du système photogrammétrique des procédures de post-traitement et des logiciels.

Des études supplémentaires in vitro et surtout cliniques sont nécessaires pour analyser la précision des différents systèmes de photogrammétrie disponibles et pour contribuer à ce que la photogrammétrie contourne ses limites et faciliter le travail du praticien pour qu’il puisse jouer un rôle plus important en implantologie.

 

COMPARAISON ENTRE LA PHOTOGRAMMÉTRIE ET LE SCANNER INTRAORAL

L’étude de Sallorenzo et coll (20) a comparé la précision d’une technique photogrammétrique pour l’enregistrement de la position de 6 implants placés dans des arcades complètement édentées, avec celle d’un scanner intraoral (TRIOS3). Les erreurs globales étaient de 20 μm et 0,354 degrés pour la photogrammétrie et de 100 μm et 1,177 degrés pour les scanners numériques conventionnels. Selon Sallorenzo et coll la photogrammétrie a fourni des valeurs plus précises que le scanner intraoral.

 

Toutefois, l’étude de tohme et coll (16) a conclu que la photogrammétrie a fourni des valeurs plus précises (la plus faible déviation 3D du corps de balayage et la plus faible distorsion angulaire globale) que la technique conventionnelle et le scanner intraoral qui a présenté des valeurs de précision moyenne par rapport aux autres groupes.

 

Cependant, dans le cadre de l’étude réalisée par Revilla-León et coll (19) qui ont comparé les positions de 6 piliers d'implants sur le modèle définitif avec les positions des piliers d'implants obtenues par 3 procédures : la technique conventionnelle, la photogrammétrie et 2 scanners intra-oraux (iTero Element et TRIOS 3), ils ont conclu que les 2 scanners intraoraux ont rapporté une plus faible divergence 3D (18.4 μm pour iTero Element et 21.1 μm pour TRIOS 3) étant plus précis que la technique photogrammétrique qui a rapporté la plus grande divergence 3D (77.6 μm).


De plus, aucune différence significative n'a été trouvée entre la divergence linéaire des scanners intra-oraux par rapport à la technique d'empreinte conventionnelle. La photogrammétrie a présenté les valeurs de précision les plus faibles parmi les groupes testés.

 

L'utilisation de modèles au lieu d'images CT est relativement nouvelle, et seules quelques études l'ont adoptée. Dans ces études, les méthodes adoptées pour détecter la position étaient la photogrammétrie et le scanner intra-oral.

 

Komiyama et al (21) ont fait correspondre le modèle préopératoire avec un second modèle obtenu à partir de l'empreinte postopératoire en utilisant un scanner optique. Le fabricant indique une précision théorique d'environ 10 μm. Platzer et al (22) ont utilisé le même protocole pour faire correspondre la position des implants dérivés de 2 modèles. Ils ont adopté un scanner optique différent, bien que la précision théorique garantie par le fabricant était presque la même (10 μm).

 

Le balayage laser assure un niveau de précision et une reproductibilité comparable à ceux de la photogrammétrie, et ils évitent tous les deux les inconvénients techniques dérivés des protocoles de comparaison CT.

Toutefois, lors du choix de la technique de balayage, le clinicien doit tenir compte du coût de l'équipement correspondant. Un scanner optique nécessite un investissement économique important, tandis que la photogrammétrie est une méthode peu coûteuse, qui peut permettre aux cliniciens de contrôler la qualité de leur travail grâce à une analyse précise de la position de l’implant (15).

 

COMPARAISON ENTRE LA PHOTOGRAMMÉTRIE ET LE CBCT

Federico et coll (15) ont mesuré l'écart (la déviation) entre la position clinique et la position planifiée des implants dentaires en appliquant une méthode photogrammétrique et une méthode directe (CBCT). Deux moulages ont été traités : l'un avec 8 implants (4 du côté gauche et 4 du côté droit) et l'autre avec 4 implants. Dans le second cas, les implants étaient situés du même côté (une situation qui pourrait induire une instabilité numérique).
L’étude a conclu que la précision moyenne obtenue avec la méthode photogrammétrique était dans une plage de 4 μm et inférieure à 1 degré pour les 2 modèles, largement supérieure à toute technique de comparaison CBCT.

 

En effet, la moyenne de la précision garantie du CBCT est d'environ 200 μm, contre moins de 10 μm du système photogrammétrique. (23)

 

Bien que des outils tels que le cône beam (CBCT) ont révolutionné la pratique dentaire en intégrant des informations importantes pour le diagnostic et la planification du traitement, son utilisation dans la reconstruction tridimensionnelle des tissus intra-buccaux présente encore certaines limites. La qualité des reconstructions est affectée par la présence d'artefacts dans la cavité buccale, comme les restaurations métalliques, par les mouvements du patient pendant l'examen et par la mauvaise définition des surfaces occlusales. Ainsi, les reconstructions intra-buccales obtenues à partir de données CBCT ne sont généralement pas d'une grande précision. En outre, l'acquisition du CBCT expose le patient à des doses de radiation considérables, ce qui n'est pas justifiable uniquement pour le balayage de l'arcade dentaire (24).

 

Une seconde tomographie pour évaluer la position de l'implant peut rarement être justifiée comme une nécessité clinique. Par conséquent, les mesures basées sur le CBCT ne semblent pas être l'outil idéal pour vérifier la position des implants dans la pratique dentaire. L'imagerie tridimensionnelle ne permet pas d'identifier une discordance au niveau du micromètre, et une évaluation de la précision sur des moulages est préférable (15).

 

Ainsi, La photogrammétrie est une alternative non invasive et potentiellement peu coûteuse pour l'acquisition de modèles numériques par rapport au CBCT (24).

 

CONCLUSION

La photogrammétrie est une technologie révolutionnaire qui a fait ses preuves dans le domaine médical en général, et dans le domaine dentaire en particulier.

 

L’utilisation d'un système de stéréophotogrammétrie intra-buccale permet de localiser la position 3D précise des implants. Cette technique est une alternative fiable pour analyser une divergence dimensionnelle entre les positions préopératoires et postopératoires des implants. La précision atteinte avec cet outil (de l'ordre du micromètre) peut être utilisée pour évaluer le manque de précision des implants posés à l'aide d'un système de chirurgie guidée par logiciel et pour réduire les erreurs ou les biais de mesure que l'on trouve couramment dans les systèmes de comparaison par tomographie. (15)
Cette technique n’est pas encore très accessible aux praticiens du secteur privé de par ses protocoles, ses usages et son investissement.

 

Des études in vitro et cliniques supplémentaires sont nécessaires pour analyser la précision des différents systèmes de photogrammétrie disponibles et pour contribuer à ce que la photogrammétrie contourne ses limites et faciliter le travail du praticien pour qu’il puisse jouer un rôle plus important en implantologie.

 

RÉFÉRENCES

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