A. MOUDEN
Médecin spécialiste en Médecine physique - Podologie
Cette adresse e-mail est protégée contre les robots spammeurs. Vous devez activer le JavaScript pour la visualiser.
www.osteopathie-casablanca.com

Le mal de dos est une des maladies les plus répandues et probablement parmi les plus invalidantes.
Au fil des années, les médecins ont entrepris toutes sortes de tentatives pour découvrir exactement pourquoi nous souffrons tant. Dans le cadre de nos consultations de "l'école du dos" on a relevé une forte prévalence du mal de dos chez les dentistes, ce qui nous a amené à nous pencher sur l'étiopathogénie de cette maladie.

 

APPROCHE BIOMECANIQUE
Lorsque la croissance est terminée, on peut considérer que la colonne vertébrale (rachis) est constituée d'un enchaînement d'unités fonctionnelles. Chacune d'elles est composée d'un corps vertébral en avant, des articulaires postérieures en arrière et le système musclo - ligamentaire autour. Le dérangement mécanique d'un seul élément de cette unité retentit sur toutes les autres. Il en résulte une perturbation statique et dynamique de l'étage en cause, qui se propage aux étages avoisinants. L'expression globale de ce dérangement est la douleur dont l'analyse détaillée doit conduire à un diagnostic lésionnel le plus précis possible.

ETIOPATHOGENIE
La position de travail assise du dentiste, penché en avant avec parfois une rotation du tronc provoque un surmenage du rachis cervical, dorsal et lombaire. Ces contraintes modifient les courbures vertébrales et stimulent les différents muscles agonistes du tronc qui augmentent les résistances au niveau de la vertèbre.

 

Ces différents microtraumatismes, sont incapables d'être immédiatement vulnérables mais le devenant à longue échéance par leur répétition, surtout s'ils s'appliquent à un territoire limité détermine :
- Sur le plan musculaire : atrophie musculaire Les muscles concernés perdent de leur volume, de leur souplesse, de leur vitesse de contraction et leur viscoélasticité. - Au niveau des articulaires interapophysaires : Les encroûtements cartilagineux vont se dégrader entraînant une usure du cartilage = Arthrose
- Sur le plan discal : Discarthrose Il y a une diminution de l'hydratation du disque entraînant une perte d'homogénéité, une diminution des possibilités d'amortissement avec parfois un risque de migration dans le cas de surcharge de pression = Hernie discale.

 

PHYSIOLOGIE DU CHIRURGIEN DENTISTE
Les facteurs de risques : Plateau de travail :
- Pour la plus part des gestes et surtout lors des extractions dentaires ou pour des soins du maxillaire supérieur la position assise du dentiste penché en avant avec parfois une rotation du tronc peut entraîner à la longue un surmenage à tous les étages de la colonne vertébrale, Il va sans dire si on rajoute les microtraumatismes répétés des détartreurs à ultrasons, la turbine ou le maniement du micromoteur, le dysfonctionnement de l'unité vertébral est majoré.

 

Troubles statiques :
mal de dos-massageAu niveau du train porteur :
Toute déformation du train porteur ( pied plat ou creux avec un valgus ou varus de la cheville ou séquelles de traumatisme du pied, ou de formation du genou, genou valgum, varum ou recurvatum) aura des conséquences au niveau de la colonne lombaire puis plus tard sur le segment dorsal et cervical. Les limitations de hanche composées par un dos cambré (Hyperlordose) entraînent aussi un surmenage de la colonne vertébrale.

 

Au niveau du rachis : Ce sont les scolioses, les hypercyphoses ou les hyperlordoses qui prédisposent à la survenue des rachialgies.

 

Problèmes musculaires:
- Les abdominaux relâchés se laissent distendre par les viscères entraînant une hyperlordose responsable des douleurs lombaires,
- Les muscles paravertébraux constituent un véritable soutien de la colonne vertébrale, le moindre déséquilibre de tension ou de force de ces muscles peut occasionner des rachialgies diffuses ou limitées à un étage.

 

sos mal de dos

QUELLES SONT LES PATHOLOGIES RENCONTREES CHEZ LES DENTISTES ?
Cervicalgie : 20% des cas
- Torticolis : contracture spontanée des muscles du cou survenant après un surmenage cervical ou agression thermique ( changement climatique).
- Arthrose cervicale : Douleur cervicale avec parfois irradiation aux bras ( Névralgie cervico brachiale). Parfois il existe des irradiations vers l'occiput ( Névralgie d'Arnold due à l'irritation de la 1ère ou 2ème racine cervicale).

 

Une dorsalgie : 22% des cas Douleur dorsale avec ou sans limitation du tronc.
- Lombalgie : 58% des cas Douleur lombaire chronique ou aiguë ( lumbago), parfois elle irradie vers les deux membres inférieurs ( Sciatalgie L5 ou S1 ou Cruralgie L3 L4).

 

COMMENT VENIR A BOUT DU "MAL DU DOS" ?
Une fois que le mal est installé, il existe de grandes indications thérapeutiques. Mais n'oublions pas que l'essentiel de la prise en charge de cette maladie dans le milieu des dentistes, c'est d'abord la prévention.

 

A- Les grandes indications thérapeutiques :
Traitement médical :
Les antalgiques, les anti-inflammatoires, les myorelaxants associés parfois à une vitaminothérapie B en cas de douleur névralgique.


Mésothérapie :
C'est un traitement qui utilise des micro-injections avec des micros - doses d'un mélange de produits allopathiques associant généralement la procaîne, vit B12, un myorelaxant et parfois un AINS.

Acupuncture :

Traitement d'origine chinoise utilisant des aiguilles très fines en bronze selon la théorie des méridiens "le YANG et le YIN".

Repos :

Relatif ou strict au lit selon l'intensité et la localisation de la douleur.

Massage :

Il doit être doux et myorelaxant pratiqué par un masseur kinésithérapeute.


effets pieds malade2

Semelles orthopédiques :
- La station debout prolongée induit un surmenage de la colonne vertébrale, - Les semelles orthopédiques peuvent réduire le surmenage en corrigeant parfaitement la statique du pied .

 

Physiothérapie : Ensemble de procédés physiques utilisant : - La chaleur = infrarouge, boue volcanique, parafango. - Ondes courtes = Ondes électromagnétique - Electrothérapie antalgique ou myorelaxante.

 

Balnéothérapie : C'est un moyen antalgique efficace, qui associe l'action de la chaleur, l'absence de pesanteur à la pression hydrostatique, réalisant ainsi un massage en continu.

 

Tractions vertébrales : Cervicales ou lombaires, ne doivent être pratiquées qu'en présence d'un médecin spécialisé en médecine physique.

 

Manipulations vertébrales : Ce sont des mobilisations passives qui relèvent de la compétence d'un médecin spécialiste bien rodé à cette technique, leur utilisation à bon escient s'avère un excellent outil thérapeutique. Malheureusement, certains thérapeutes peu scrupuleux pratiquent de façon intempestive cette technique occasionnant une décompensation de la symptomatologie.

 

Posturologie : Cette technique n'est autre que la décomposition des différentes activités quotidiennes en gestes et mouvements étudiés dans le respect le plus strict de la physiologie humaine, technique proprioceptive de choix, recommandée pour toutes rachialgie d'origine mécanique.

 

Rééducation gymnique : C'est un ensemble de techniques de renforcement musculaire des paravertébraux et de la sangle abdominale ainsi que des exercices d'étirement musculaire.

 

B - Traitement préventif : Ce volet thérapeutique est tellement important qu'il mérite à lui seul un article didactique. il s'articule autour de deux points essentiels :

Les exercices physiques : Qui sont simples, que tout chirurgien dentiste pourra pratiquer régulièrement afin de contrebalancer efficacement les effets délétères du travail à poste fixe .

 

Aménagement d'un espace ergonomique autour du dentiste : Le choix du siège revêt un caractère précis: - L'angle des cuisses avec le tronc devra être supérieur à 110°, - La surface d'appui des fesses sur le siège devra être la plus importante possible, car la pression qui pèse est d'autant plus forte que la surface est plus faible ( P=F/S si S augmente alors P diminue ) - Un siège qui respecte le retour veineux ( qui ne comprime pas la face intérieure des cuisses), - Le siège idéal pour avoir moins de contraintes aurait la forme d'une selle de cheval qui assure un bon positionnement du bassin et de la courbure physiologique de la colonne vertébrale.

 

Semelles orthopédiques : Peuvent prévenir un surmenage de la colonne vertébrale.

 

formes de piedsRÉFÉRENCES
CAILLET. R- Les lombalgies. 2° édition. Masson Ed.1982.
CAILLET. R- Les névralgies cervico - brachiales. Masson Ed. 1978.
CHARRIERE& ROY- Kinésithérapie des déviations latérales du rachis. 3° édition Masson Ed. 1980.
BUSQUET. L. Les chaînes musculaires tronc et colonne cervicale. Maloine Ed. 1984.
BONNET. L & PRIVAT. J. M- la jonction cranio - rachidienne. p. l. Collection de pathologie locomotrice. Masson Ed. 1985.
GEORGE. B- Compressions extrinsèques de l'artère vertébrale. P. 267.
Collection de pathologie locomotrice. Masson Ed. 1988.
GINISTY. J- Problèmes rachidiens du chirurgien dentiste . Traitement et prévention.
Encyclopédie Médico - chirurgicale ( Elsevier, Paris ), Odontalgie, 23-841-A-10,1999, 13p.
KAPANDJI. IA- Physiologie articulaire. TOMES 1 à 3. Maloine S. A
MARNAY. T, MAURY. P, PERDRIOLLE. P- Participation de la colonne cervicale dans l'équilibre rachidien antéro - postérieur. P. 29.
Collection de pathologie locomotrice. Masson Ed. 1985
PILARDEAU. P- Manuel pratique de médecine du sport. Masson Ed 1987
ZIEGLER. G &TEYSSANDIER. M. J - Douleurs vertébrales et radiculalgies communes.
RODINEAU. J, BERAUD. P , SABOURIN. F - les lombalgies non discales. p. 152 collection de pathologie. Masson Ed 1983.
BADELON. B,BOULLIER . A & Col l- Facteurs constitutionnels ou acquis favorisant le surmenage du segment mobile lombaire. p 69. Collection de pathologie locomotrice. Masson Ed.1983.
LA FREMIERE. JG- le patient lombalgique. Collection de rééducation fonctionnelle et de réadaptation. Masson Ed. 1983.
DESMARAIS. Y & JUSSERAND. J.- la rééducation des lombalgiques Expansion Scientifique Française. 1981.
BERLINSON. G - Précis de médecine ostéopathique rachidienne. Maloine Ed. 1989.
MAIGNE. R- Diagnostic et traitement des douleurs communes d'origine rachidienne:
Une nouvelle approche. Paris, Expansion Scientifique. 1989.
SOUCHARD. PH. E- gymnastique posturale et technique Mézières. S.E.D.1981.
COSTE. J & PAOLGGI. J. B- Revue critique de l'épidémiologie des lombalgie. Rev Epid. Santé Publique 1989, 37 : 371 - 383.
PAOLLAGI. J. B- problème de définition et de classification des lombalgies. C.P 1994.
TROUSSIER. B, LAMALLE. Y,RACHIDI. & coll. - Incidences socio - économiques et facteurs pronostiques des lombalgies par A.T. Revenue Rhu . Mal. Ostéo art. 1993, 60(2) :
DREVET. J. G, GALIN. C. Un dos pour une vie. Glénat. Ed. 1987
EXPERTISE COLLECTIVE. Rachialgie en milieu professionnel. INSERM Ed 1997.

indexation index medicus
Publier un article
Septembre 2019
L Ma Me J V S D
26 27 28 29 30 31 1
2 3 4 5 6 7 8
9 10 11 12 13 14 15
16 17 18 19 20 21 22
23 24 25 26 27 28 29
30 1 2 3 4 5 6
Aller au haut