Peter M. Greco
Philadelphia, Pa
American Journal of Orthodontics and Dentofacial Orthopedics
Volume 141, Issue 1, Pages A1-A22, e1-e28, 1-130 (January 2012)


Par souci de formation continue, vous cherchez à lire tout journal ou revue scientifique qui arrive à votre cabinet. Le constat est que la plupart des articles internationaux, rédigés par nos collègues à travers le monde, impliquent des essais cliniques et des protocoles de recherche sur l’humain impossibles à réaliser aux Etats-Unis à cause de nos critères rigoureux de contrôle et des procédures de validations institutionnelles.

 

Vous vous demandez s’il y a vraiment besoin de sensibilisation aux droits humains dans la recherche ?

Après la Seconde Guerre mondiale, les législations de la recherche sur l’humain ont évolué. Bien qu’en 1931, l'Allemagne ait réglementé l'expérimentation humaine, le régime nazi occultait les frontières entre la politique et la recherche, au moment où des milliers de prisonniers venant d'horizons variés, subissaient des expériences inhumaines. Plus de deux douzaines de types d'expériences ont été réalisées, impliquant torture et mort d’individus, sous prétexte d’observer les effets de la blessure provoquée intentionnellement, ou de la maladie inoculée, pour pouvoir développer des remèdes pour ces mêmes maladies.

Le Code de Nuremberg, résultat des essais d'après-guerre, a été développé comme un standard d'éthique pour préserver l'autonomie et l’intégrité des sujets: la liberté de choix à envisager une participation à une expérience, après divulgation des avantages et des préjudices de l’expérimentation.
Plusieurs directives supplémentaires ont ensuite été développées, y compris la Déclaration d'Helsinki (1964), et plus tard les Directives Internationales d'Ethique pour la Recherche Biomédicale Impliquant des Sujets Humains (1993) par l'Organisation Mondiale de la Santé et le Conseil des Organisations Internationales des Sciences Médicales.
L'intention de ce dernier document étant de protéger les personnes de différentes cultures du monde, des violations des droits humains dans l'expérimentation.
Pourtant, comme il a été démontré en Allemagne, les législations pourraient avoir une légère influence sur l’éthique en recherche humaine. Le respect des droits humains dans le domaine de la recherche semble en hausse dans les pays politiquement stables et démocratiques, par contre ces principes sembleraient être bafoués dans les pays où règne d’une main de fer certaines dictatures (1).

Malgré le contrôle institutionnel par des comités éthiques, des abus sont occasionnellement observés sur des groupes expérimentaux.
Que peut faire la communauté scientifique pour préserver la dignité et la sécurité de l’être humain dans les protocoles de recherche?
Tout d’abord, les rédacteurs en chef des revues scientifiques doivent instaurer une vision critique, par des mises à l’épreuve et, par le rejet des études présentant le moindre doute sur l’exploitation du sujet humain. L’étude doit avoir une forme et un schéma scientifiques. Les bénéfices du travail pour les sujets d’étude devront dépasser de loin les risques. Les procédures sans vertus thérapeutiques devraient être évitées, comme, exposer un patient à de multiples radiographies en une période réduite ou augmenter les doses d’irradiation sans raisons diagnostiques et sans respect de la pratique éthique.

Les experts en éthique médicale ont longtemps débattu sur la légitimité des données générées par les procédures contraires à l'éthique, considérées comme «mauvaise science». Il semblerait n’ y avoir aucune relation entre la validité des résultats scientifiques et le niveau de l'éthique appliqué. Pourtant, l'utilisation des résultats recueillis sans accord des sujets, pourrait encourager la production de données supplémentaires à partir d'études futures qui ne respecteraient pas les droits humains (2).

Les méthodes des institutions constructives telles que le « Fogarty International Center of the National Institute of Health » sont à consulter voir même à imiter. Cette organisation répand dans le monde le concept de la recherche scientifique par la formation des étudiants à la recherche éthique.


Notre spécialité devrait apprendre de l’expérience de ces organisations pour le développement du respect du sujet humain.
Une des mesures les plus objectives des institutions et organismes finançant la recherche, est de contribuer à la production du savoir par la publication de recherches scientifiques en adéquation avec le respect de l’éthique.


Nous ne devons jamais sacrifier la sécurité humaine et le respect de l'éthique pour le bien acclamé de la science.
L'objectif le plus universel, que nous devons tous garder en mémoire lors de la conduite d’une recherche sur humain, est de traiter les autres comme vous voudriez qu’on vous traite.
Traduit par Pr Farid Bourzgui

REFERENCES
1. NeumayerE.Do international human rights treaties improve respect for human rights? J Conflict Resolution 2005;49:925-53.
2. Brannigan MC, Boss J A. Human animal experimentation. In: KingK, Williams M, editors. Healthcare ethics in a diverse society. Mountain View, Calif: Mayfield Publishing; 2001. p. 327-408.

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