Pr A. Harouchi

Pr. Abderrahim HAROUCHI
Professeur de chirurgie pédiatrique, chef du service de chirurgie infantile à l’Hôpital d’enfants, centre hospitalier Ibn Rochd de Casablanca.
Lauréat de la faculté de médecine cochin port-royal, ancien interne des hôpitaux de paris, ancien chef de clinique à l’hôpital Necker-enfants malades, maître de conférence agrégé de l’université rené descartes, puis professeur de chirurgie pédiatrique à la faculté de médecine de Casablanca. il est également titulaire d’une maîtrise universitaire de pédagogie des sciences de la santé.
Il a dirigé le service de chirurgie infantile de l’hôpital d’enfants de Casablanca de 1976 à 1998 et a occupé les fonctions de doyen de la faculté de médecine de Casablanca, puis de ministre de la santé publique.
Auteur de nombreux articles scientifiques et de 4 ouvrages de chirurgie pédiatrique et de pédagogie, il est aussi président de l’association Afak Civisme & Développement.
Il est décoré du Wissam Alaouite du Trône de l’Ordre de Chevalier.


Il est connu pour son militantisme pour la santé pour tous. C’est avec beaucoup d’humilité et un sourire toujours accroché aux lèvres que Monsieur le Professeur Abderrahim HAROUCHI a honoré Le Courrier du Dentiste en répondant aux questions concernant les déchets médicaux. Nous le remercions d’avoir bien voulu nous accorder cet entretien.

Le Courrier du Dentiste : Peut-on classer les déchets médicaux en fonction des degrés de contamination ?
Mr Abderrahim Harouchi : Oui, on classe les déchets médicaux en fonction, non seulement du degré de contamination mais également en fonction de leur nature. Je pense notamment aux médecins dentistes. Les déchets provenant d’un cabinet dentaire sont hautement contaminants de par leur nature tranchante, piquante…

LCDD : Quelle est la solution que l’on peut proposer pour la collecte et le tri de ces déchets ?
Mr A. H. : La solution existe déjà au Maroc. Je l’ai personnellement instituée dans le service depuis 4 ans et depuis 2 ans dans le cabinet.
Il s’agit de conteneurs qui servent à la récupération et au stockage du matériel coupant et tranchant contaminé.
Ce processus va être élargi au Maroc grâce à un projet pilote des laboratoires Cooper Maroc dans le cadre de la campagne de prévention menée par son Altesse Royale la Princesse Lalla Meryem (Tous pour l’environnement).

LCDD : Ces conteneurs existent-ils sur le marché marocain ?
Mr A. H. : Ces conteneurs sont disponibles au Maroc pour tous les instruments tranchants au prix de 40 DH pour une utilisation sur 3 à 4 ans.
Cooper Maroc a justement équipé un certain nombre d’hôpitaux et de centres de santé dans le cadre de la campagne de prévention.

Le produit est à un prix dérisoire et j’invite tous les médecins dentistes à s’équiper de ce moyen. De sorte, les médecins dentistes vont contribuer à préserver l’environnement et surtout à protéger la santé d’un très grand nombre de personnes que sont les récupérateurs des déchets soit au niveau des poubelles soit au niveau des décharges et qui sont exposées à ces déchets. C’est le premier acte de civisme que peut entreprendre le médecin dentiste avant que les règlements et les lois ne les y obligent.

LCDD : Professeur Harouchi, quel est le devenir de ces déchets récupérés ?
Mr A. H. : Une fois le conteneur plein, il peut-être détruit soit dans des fours aux normes environnementales, dont seuls les cimentiers en disposent, soit dans des unités de traitement des déchets médicaux dont le Maroc va être équipé prochainement. C’est la solution retenue par le Ministère de la Santé Publique et le laboratoire Cooper Maroc va probablement participer à cette action.

LCDD : Quand vous parlez de traitement des déchets, est-ce que vous faites allusion à l’incinération ?
Mr A. H. : Absolument pas ! Il faut faire très attention à ce processus de destruction des déchets qui dégage de la Dioxine à l’origine de Cancers et de dérèglements hormonaux. Même les pays qui ont investi dans ce processus reviennent en arrière et développent de nouvelles normes.
Aujourd’hui, au Maroc, la stratégie du Ministère de la Santé Publique n’est plus une stratégie d’incinération, mais de destruction des déchets médicaux par d’autre moyens. De plus d’ici à l’an 2005 tous les hôpitaux vont être équipés.

LCDD : Quels sont ces moyens, Professeur?
Mr A. H. : Il s’agit de moyens qui ne comportent aucun risque. C’est le processus de "broyage, stérilisation". Dans le même appareil, les déchets (Pansements, pièces anatomiques, médicaments, tubulures….) sont broyés puis stérilisés à l’autoclave et enfin récupérés. Ensuite, leur cheminement se fait vers les décharges.
Le seul problème qui se pose est celui du secteur privé. On peut imaginer que les déchets produits par ce secteur soient pris en charge par le secteur hospitalier ou par une entreprise privée.

LCDD : Pensez-vous que cela peut-être fait à court terme ?
Mr A. H. : Oui. La loi est en train d’accompagner tout ceci et impose au producteur des déchets de les détruire.
À court terme, tous les professionnels de la santé, privés ou publics seront responsables de l’élimination de leurs déchets médicaux conformément aux normes retenues par le gouvernement marocain.
La partie est facile à gérer pour les chirurgiens dentistes qui peuvent être les véritables initiateurs en créant une dynamique pour la gestion des déchets médicaux.

LCDD : Professeur Harouchi, ce n’est pas que l’on tienne à l’incinération, mais, on sait que les gaz dégagés par ce processus peuvent être utiles pour de l’énergie dans les foyers ?
Mr A. H. : Écoutez, dans tout procédé industriel, il faut voir les avantages et les inconvénients. Quand ces derniers sont plus importants, on abandonne le processus.
C’est le cas des incinérateurs. La récupération de l’énergie n’est possible que dans de grandes unités d’incinération dont l’investissement lourd n’est pas adapté au Maroc. De plus, sur le plan toxicité, les déchets doivent êtres éliminés à proximité de leur production.
Le ministère de la santé publique est très sensible à ce problème de dioxine. Notre retard pour l’incinération a été en fait bénéfique du moment que l’on a profité de l’échec d’autres pays pour se rendre compte que le procédé de Broyage- Stérilisation reste le plus adapté à notre contexte.

LCDD : Cette stratégie reste très intéressante, pensez-vous que pour sa mise en place rapidement et la sensibilisation de la population, organisation non gouvernementale et gouvernementale peuvent collaborer ensemble ?
Mr A. H. : Tout à fait,
1- il y a une complémentarité entre société civile et pouvoir public contre société civile et pouvoir politique.
Quand on pense au défi que le Maroc doit relever, on ne peut que collaborer en synergie.
2- Une mobilisation de tous et de tout un chacun.
3- Un refus de l’indifférence et de l’absence.
C’est comme cela que l’on peut définir le civisme.

Ce qui caractérise notre attitude en tant que professionnels de la Santé, c’est l’indifférence à l’égard publique, genre : " Je ne suis pas concerné ", " Ce n’est pas mon problème ", " C’est l’affaire des autres "…
À cette époque où nous vivons actuellement, ce genre d’indifférence peut coûter excessivement cher. Notre avenir dépend de la mobilisation de tout un chacun dans tous les domaines y compris le domaine politique.
Si nous continuons à déserter le politique, il faudra s’attendre à ce que d’autres, investissent le champs à notre place pour déterminer autrement notre avenir.

LCDD :
Professeur Harouchi le mot de la fin.
Mr A. H. : On a parlé de déchets médicaux et d’indifférence. Le civisme est un ensemble de valeurs mais aussi une pratique au quotidien.
Notre attitude à l’égard des déchets médicaux est exactement la même que celle que l’on adopterait à l’égard d’autres problèmes.
Tous les médecins ont la possibilité de faire une bonne action en matière de gestion des déchets médicaux et ne pas rester indifférents à ce problème. Commençons donc par protéger les autres contre ce genre de déchets.n
Pour en savoir plus, voir sur site Internet : www.webmed. ma
* Danger de l’incinération,
* Problématique des déchets hospitaliers.

Propos recueillis par Ihsane BEN YAHYA

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